- La carence de fer-grossesse Les besoins en fer double pendant la diététique-grossesse afin de prévenir l’installation d’une anémie. Les aliments les plus riches en fer sont les légumes verts, les abats, la viande et le persil. Une supplémentation médicamenteuse de fer-grossesse peut être utile en cas de grossesses multiples, de grossesse rapprochée, de carence en fer ou d’anémie avant la grossesse et de régime végétarien.
Les aliments riches en fer sont :
- de 5 à 15 mg/100 g : les abats, le cacao, les huîtres, les lentilles, les haricots blancs, le jaune d’œuf, les fruits secs et les pois secs
- de 2 à 5mg/ 100 g : la viande, l’épinard, le persil et le pain
- La carence en calcium et vitamine D
Les besoins en calcium double pendant la diététique-grossesse. Ils sont estimés à 1500mg par jour. Le calcium intervient dans la croissance osseuse fœtale. La vitamine D maintient le pool de calcium chez la mère et l’enfant. L’apport est assuré par le lait et ses dérivés, les eaux minérales (contrexéville, hépar). L’apport en vitamine D est essentiellement médicamenteux surtout en cas d’ensoleillement faible, de régime végétarien et de régime hypocalorique.
- La carence en acide folique ou vitamine B9-grossesse. La supplémentation en folates-vitamine B9 en cours de diététique-grossesse s’impose : avant la conception, au cours des trois premiers mois de grossesse et à partir du 6ème mois. Cela réduit le risque de malformation du fœtus par anomalie du tube neural (spina bifida). Les aliments riches en folates-vitamine B9 sont les légumes en feuilles (chou, salade, épinard, cresson), la levure, les œufs et le foie.
L’apport en folates-vitamine B9 : microgramme pour 100g
- plus de 200 : levure, foie
- 100 à 200 : salade verte, mâche, maïs, châtaigne, noix, avocat, amande
- 50 à 100 : légume vert, haricot vert, melon, pois chiche, lentilles, œuf, fromage fermenté
Le résultat de supplémentation en folates-vitamine B9, reste encore insuffisant au regard des recommandations : 80% des femmes désirants un bébé ne sont pas supplémentées en période peri-conceptionnelle.
Lors de la grossesse, le besoin en folates-vitamines B9 est très nettement augmenté. Le risque de carence est réel. Il l'est d'autant plus si la femme attend des jumeaux (grossesse gemelaire), si les grossesses sont rapprochées et lors d'un allaitement prolongé. Les conséquences sur l'enfant sont différentes selon le stade de la grossesse, la sévérité de la carence folates-vitamine B9 et la sensibilité individuelle de la future mère. Cette carence est particulièrement redoutable durant les premières semaines de grossesse. Elle peut entraîner de graves malformations affectant le cerveau ou le système nerveux (spina bifida : anomalie de fermeture du tube neural) chez certaines femmes prédisposées.
En France, les autorités sanitaires ont opté pour une approche suivante : des recommandations nutritionnelles et une supplémentation en folate-vitamine B9 pour toutes les femmes trois mois avant le début de la grossesse et durant tout le premier trimestre de grossesse. Les femmes qui ont un projet de grossesse doivent ainsi prendre des compléments alimentaires de 0,4 mg de folates-vitamine B9 par jour.
Chez les femmes enceintes et celles qui allaitent, l’apport en folates-vitamine B9 est nettement augmenté : il passe à 0.4 mg par jour. La couverture des apports recommandés est assurée par nos aliments. Ceux qui apportent le plus de folates-vitamine B9 sont les légumes à feuilles vertes comme les épinards ou les salades. On en trouve également dans la levure, le foie et le jaune d'oeuf. Les folates-vitamine B9, comme d'autres vitamines, est très sensible à la chaleur : elle est en grande partie détruite lors de la cuisson.
Les apports en folate-vitamine B9 en préconception et pendant la grossesse sont augmentés, chez les diabétiques, les épileptiques, en cas de fausses couches à répétition et de grossesses multiples. Les doses sont de 5mg de folate-vitamine B9 par jour.
Les facteurs de risque de carence en folates-vitamine B9 sont la consommation d’alcool et de tabac, les grossesses multiples, régime alimentaire pauvre en légumes verts, et la prise de certains médicaments.
La carence en folate-vitamine B9 peut entraîner autre les anomalies neurologiques foetales, une anomalie du placenta favorisant un retard de croissance du fœtus, une augmentation du risque de prématurité et un risque d’hypertension maternelle (prééclampsie) et une anémie maternelle.
- La carence en Iode-grossesse
Environ 12 à 25% des femmes ont des apports en iode en dessous des recommandations faites par l’OMS.
L’iode est un oligo-élément qui entre dans la composition des hormones thyroïdiennes.
Pour le futur bébé, dès le stade foetal, sa thyroïde a besoin d’iode pour assurer le développement de son cerveau. Or, pendant les premiers mois de sa vie, le fœtus est incapable de fabriquer lui-même ses propres hormones. C’est la mère qui les lui fournit et pour cela elle a besoin d’iode. Les besoins d’iode pendant la grossesse, ou la femme allaitante sont de 200 µg iode par jour. En cas de carence sévère d’iode-grossesse, le cerveau du fœtus étant l’organe le plus sensible au manque d’iode, il peut se développer un « crétinisme goitreux », une forme de débilité mentale profonde du nouveau-né.
Des études ont montré, qu’il est possible de compenser les déficits en iode pendant la grossesse par une supplémentation. Celle-ci est efficace pour prévenir les hypothyroïdies néonatales et améliorer les performances intellectuelles des enfants.
On peut même commencer avant la grossesse pour renforcer le capital iodé
Les aliments riches en iode sont principalement les aliments d’origine marine :
• les algues : 20 à 50µg/100g
• Les poissons : 25 à 75µg/100g
• Les crustacés, les mollusques : 40 à 300µg/100g
• 1 œuf : 5µg
Les produits laitiers et les œufs constituent une excellente source d’iode. Concernant les laits bio, la teneur en iode est plus faible car le recours aux compléments nutritionnels chez l’animal est restreint.
La viande, les fruits et les légumes sont pauvres en iode.
La France, malgré l’iodation des sels de table en 1952 et aujourd’hui les laits infantiles, reste encore en état de légère carence en iode.
Certains aliments peuvent modifier l’absorption de l’iode, tel le chou, le chou fleur, les navets, le soja, le manioc et le millet.